Publié par : otto43 | 31, août, 2008

Fils de pub

Et bien, ça y est, je suis lancé!

Ce matin, à 9 heures, le premier de mes 8 sponsors a sonné à la porte : “Bonjour, tonton Olivier, je suis mandaté par la société SUN pour vous confier la promotion de nos produits sur votre blog, à raison d’une annonce rédactionnelle par semaine. Vous devrez rappeler discrètement à chacune de ces occasions que vous utilisez exclusivement nos produits, qu’ils vous assurent une vaisselle impeccable, que vous en êtes tellement satisfait que vous n’imaginez pas de vous en passer. Nous vous garantissons en échange une dotation mensuelle de 3000 euros. Sommes-nous bien d’accord?”
“Oui.”
“J’ai donc le plaisir de vous remettre ce contrat à vie.”
“Le montant est garanti?”
“Absolument. Il peut même être porté à 4000 euros les mois où vous insérerez une photo ou, mieux, un clip musical vous montrant en train d’utiliser nos produits.”
“Facile.”
Une heure plus tard, je recevais le représentant des excellentes confitures BONNE MAMAN. Le discours fut à peu près le même, ainsi que l’offre financière. Je fis remarquer loyalement qu’en fin de vie, je ne ferais plus la différence entre la confiture de myrtilles, le vinaigre balsamique et l’huile de foie de morue, mais cela ne sembla guère troubler le représentant. “Bon, on signe?”
“OK, on signe.”

MIR LAINE se présenta à 12 heures et j’encaissais 3000 euros de plus.
Bilan de la matinée : 9000 euros.
FRUIT D’OR, en début d’après-midi, me causa une petite déception.
“Combien m’offrez-vous?”
“Le contrat classique : 2000 par mois.”
“C’est léger…”
“Oui, mais on vous assure un approvisionnement régulier en huile, couvrant tous vos besoins.”
“Vous ne pourriez pas ajouter le vinaigre? C’est quand même mieux pour préparer une vinaigrette.”
“Désolé, nous ne faisons pas cela.”
“Ne soyez pas désolé, je ferai affaire avec MAILLE.”
Ce qui fut fait.
L’après-midi vit la signature de contrats “en nature” avec LADURÉE (une livre de macarons par semaine, à vie), DALLOYAU (1 gâteau par jour pendant 20 ans), LU (3 kilos de petits biscuits dans le mois) et LA MAISON DU CHOCOLAT (500 grammes de truffes par semaine). Évidemment, il faudrait jongler entre tous ces contrats pour éviter la crise de foie, mais, globalement, c’était une excellente journée.
Un point m’embarrassait cependant : comment justifier tous ces placements de produits? Mon blog finirait par ressembler à un roman de Jay McInerney ou de Frédéric Beigbeder…
J’appelais les conseillers marketing de toutes ces marques. “On peut vous écrire des scénarios”, me dirent-ils tous.
“Merci, j’ai pondu des centaines de résumés de films, plus que Dominique Dhombres n’en a jamais rédigés dans le Monde. Je me débrouillerai bien.”
En relisant ce billet, je m’aperçois qu’il fait “la blague”, comme on dit dans le métier. Mais quid de la suite? J’ai déjà l’idée d’un remake pubesque de CITIZEN KANE : au lieu de dire “Rosebud”, j’expire en disant “Sun, Mir, Bonne Maman, Lu, Dalloyau”. Bon, ça peut passer, même si c’est limite. Mais combien de classiques du cinéma vais-je pouvoir piller comme cela? LE CUIRASSÉ POTEMKINE? Une mutinerie parce que le capitaine n’aurait pas chargé assez de macarons au départ? Difficile à faire passer, mais on a vu pire…


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